Biologique & ChimiqueONP n°108

Conférence mondiale de l’OIE sur la réduction des risques biologiques (30 juin - juillet, Paris)

Elisande Nexon

En étroite collaboration avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) a organisé une conférence visant au renforcement des collaborations mais aussi à l’établissement d’un consensus pour améliorer les capacités des systèmes de santé publique et animale en matière de prévention, de détection et de réponse afin de pouvoir faire face aux menaces biologiques, quelles que soient leurs origines. Elle a permis de rassembler de nombreux acteurs étatiques issus des institutions en charge de la santé, de la sécurité et de la défense, ainsi que des représentants d’organisations internationales telles que l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Bureau des affaires de désarmement des Nations Unies et Interpol, en plus de ceux de l’OIE et de l’OMS.

L’OIE a pour mandat d’améliorer la santé animale, la santé publique vétérinaire et le bien-être animal dans le monde. Dans ce cadre, sa stratégie pour la réduction des menaces biologiques identifie cinq grands axes : 1) la conception de politiques, la sensibilisation et la communication, 2) la mise en place de compétences techniques et l’élaboration de normes, de lignes directrices et de recommandations, 3) la coopération internationale, 4) l’information sur les maladies au niveau mondial, et 5) le renforcement des capacités et la solidarité.

Assurer une bonne gouvernance du système vétérinaire, permettant la détection la plus précoce possible d’un évènement et une réaction rapide, est indispensable afin de pouvoir répondre aux enjeux résultants d’un triple constat : 60 % des maladies humaines, 75 % des maladies émergentes et 80 % des agents pathogènes potentiellement utilisables à des fins malveillantes sont d’origine animale. Les animaux peuvent jouer un rôle de « biocapteurs », permettant de détecter une contamination ou l’émergence d’une maladie. D’un point de vue sanitaire, la réaction face à la découverte d’un foyer sera identique, que l’infection soit naturelle, accidentelle ou délibérée.

S’agissant des risques biologiques liés à une dissémination intentionnelle, l’Organisation coopère avec la Convention sur l’interdiction des armes biologiques et à toxines (CIABT) et met en œuvre un certain nombre de mécanismes pouvant aider les pays à répondre à leurs obligations (par exemple le Système Mondial de l’Information Sanitaire – WAHIS – ou le processus d’évaluation PVS – Performance des Services Vétérinaires-). Elle a établi une liste des agents ayant déjà été utilisés ou qui pourraient éventuellement l’être. Enfin, de manière similaire à ce qui a pu se passer avec la variole, elle s’est engagée dans une campagne destinée à prévenir la réintroduction du virus de la peste bovine, deuxième maladie a avoir pu être déclarée éradiquée au niveau mondial (en 2011). Les pays membres de l’OIE ont ainsi adopté trois Résolutions portant sur la destruction des stocks résiduels de virus ou la conservation des échantillons dans un nombre limité d’installations avec haut niveau de sécurité biologique et sous contrôle de l’Organisation et de la FAO.